COOL, le magazine de la co-location
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A quoi ressemblera la vie citadine de demain ? Il n’est question que de coliving et de smart cities. Sont-ils pour autant l’avenir de la ville ? Il est évident que le coliving trouve sa place au cœur des smart cities. Mais qu’est-ce que ces deux concepts nous apprennent des envies et des besoins des citadins ?

Smart cities : un concept mature

« Au départ, explique l’architecte italien Nicola Pisani, spécialiste de l’intelligence artificielle appliquée à l’immobilier, la vision autour des smart cities s’appuyait sur l’idée d’une ville technologique. » L’effort pour rendre les villes intelligentes portait surtout sur les infrastructures notamment la mobilité et les communications.

Aujourd’hui, certaines smart cities adoptent en temps réel des éclairages, des feux de signalisation et de la distribution d’eau. Un moyen de réaliser près de 65% d’économies d’énergie en 12 ans estime la municipalité de Dijon, première à tester le projet en France. Lyon, elle, est en pointe sur les smart grids, des réseaux intelligents qui adaptent l’approvisionnement électrique en fonction des besoins. Concernant la mobilité, les bornes de bicyclette en libre accès ou de car sharing permettent de varier – et de faciliter- les déplacements. Elles évitent aussi le recours à la voiture individuelle. L’objectif est partout le même : être au plus proche des besoins du citoyen, tout en améliorant sa qualité de vie.

« L’homme, le citadin est remis au centre du projet, confirme Nicola Pisani. La smart city est la ville qui, grâce au numérique et à la technologie, permet de répondre de façon intelligente et durable aux besoins des citadins. Elle améliore leur bien-être. »

Les projets immobiliers sont aussi concernés, comme l’écoquartier du Fort d’Issy. Les 1 600 logements ont été conçus pour répondre aux normes Haute Qualité Environnementale. Deux puits géothermiques couvrent pas moins de 75 % des besoins du quartier en chauffage et eau chaude.

L’intelligence au service de la spécificité des quartiers

« Chaque quartier, chaque lieu est unique. Il faut aujourd’hui comprendre ce qui fait le caractère de chacun, remarque Nicola. Il faut également développer leurs capacités, s’adapter aux besoins des habitants, sans pour autant bouleverser le lieu. Parfois, au contraire, il est nécessaire de leur donner une identité ». Lui et ses équipes mettent ainsi au point des outils permettant de comprendre « les caractéristiques de chaque lieu… Et si les lieux correspondent aux besoins identifiés ». Tout cela grâce aux nouvelles technologies qui jouent un rôle de support. Elles permettent de comprendre la créativité possible autour d’un lieu pour développer de nouvelles fonctions.

Des informations qui sont nécessaires pour les investisseurs … et pour les occupants finaux. Ces derniers veulent savoir si les logements qu’ils habitent leur permettront de satisfaire leurs besoins. Le sujet est d’actualité. « Actuellement, les grandes villes comme Paris, Londres, Milan mettent en place le concept des 15 minute cities. Chaque citoyen doit pouvoir réduire ses déplacements à 15 minutes à pied ou à bicyclette pour avoir accès aux services essentiels, voire bénéficier d’une micro-communauté à proximité de chez lui».

Coliving et smart cities, quelles relations ?

Si la smart city se met au service du citadin, qu’en est-il du coliving? A priori, les deux sujets n’ont rien à voir, même si en mettant l’accent sur le bien-être, les smart cities apportent une autre dimension au « vivre ensemble ». Et pourtant, les villes intelligentes auraient tout à gagner à favoriser le co-living.

Une nécessité ?

A l’heure actuelle, 757 millions de personnes vivent dans les 101 plus grandes villes du globe. Cela représente 11% de la population mondiale, 23% d’ici la fin du siècle. Difficile à l’heure actuelle d’imaginer la vie avec une telle concentration de population.

Plus d’habitants signifie moins d’espace, et une augmentation des prix de l’immobilier. En effet, des études montrent que, lorsque la population d’une ville augmente de 1%, les loyers s’accroissent de 21%. Dans un tel contexte, partager un logement devient une nécessité.

Une tendance de fond

Mais le partage de logement ne fait qu’étendre la conception du partage des ressources.

Nous avons pris l’habitude de partager des voitures – comme en témoigne le succès de Blablacar– , des hébergements pour les vacances – faut-il encore présenter Airbnb ? – des outils, par exemple avec Bricolib, ou tout simplement des échanges de services et d’objets, comme le propose Indigo. Partager son quotidien au sein d’une colocation ou d’un co-living n’a donc rien de très étonnant.

Toutes ces initiatives reposent sur un même principe : la mutualisation des ressources. Et c’est également sur la gestion intelligente des ressources que s’appuie le concept des villes intelligentes.

Un choix de vie

Le partage de logement est d’ailleurs largement accepté par une population variée. C’est ce qui ressort de la méga-étude One Shared House dont les sondés sont âgés de 17 à 60 ans. La première raison invoquée, loin devant les questions économiques ou professionnelles, c’est de vivre avec les autres ! Et de préférence des autres qui permettent de découvrir de nouveaux horizons. Les sondés s’imaginent bien vivre au sein d’une petite communauté, de 4 à 10 personnes maximum. Exception faites des familles. Ces dernières pensent à de plus grandes communautés pouvant aller jusqu’à 25 personnes.

Les opérateurs de coliving, et leurs investisseurs, eux, s’orientent davantage aujourd’hui vers de grandes résidences de coliving de plusieurs centaines de lits. Elles s’adressent plutôt à des professionnels ou de jeunes actifs. Mais, là encore, des dynamiques plus restreintes seraient possibles, explique Gui Perdrix, expert en coliving. « Je rêve qu’à chaque étage, soient prévus des lieux de rencontre pour favoriser l’émergence de petites communautés. »

Coliving et smart cities : l’envie de vivre ensemble ?

Vivre ensemble est une nécessité. Nous vivons dans des sociétés qui s’appuient sur les technologies. Avec la crise sanitaire, les interactions par écran interposé ne cessent de croître. Il en va de même pour le sentiment d’isolement. Le phénomène, qui touche aussi bien les seniors que les jeunes, ou les citadins de manière générale, n’est pourtant pas récent.

Aussi le coliving, la cool-location peut s’imposer comme un choix de vie. C’est le cas de Pierre, papa solo, qui vit entre deux villes, il serait inimaginable de vivre autrement qu’en co-location.

Le vivre ensemble a d’ailleurs été mis à l’épreuve pendant les confinements. Les grandes résidences de coliving ont dû fermer des espaces. « Le taux d’occupation moyen, rappelle Gui Perdrix est passé de 95% à 75% . De nombreux lieux ont fermé, car ils ne pouvaient plus offrir autant d’endroits partagés. En revanche, les plus petites résidences de coliving, dans les maisons particulières par exemple qui accueillent 10 à 15 personnes sont restées ouvertes. Et leurs habitants y étaient très heureux. »

Se connaître mieux

La smart city souligne Nicola Pisani permet aux futurs résidents d’en savoir plus sur l’ambiance et les avantages du quartier qu’ils vont habiter, si celui-ci correspond à leurs besoins.

Le même principe s’applique à la co-location ou au coliving : vivre avec des personnes qui vous correspondent. Certains opérateurs de coliving, comme Cohabs orientent leurs futurs résidents sur la résidence qui leur conviendra le mieux en fonction de leur profil et de leurs besoins. Si vous avez un certain âge, vous serez orienté vers une résidence dans un quartier calme ; si vous êtes parent solo, certaines chambres de Cohabs Châtelain ont été pensées pour vous et votre enfant.

Connaître les lieux et se connaître, c’est le principe de COOLOC : non seulement vous trouvez votre logement, mais surtout vous le choisissez avec – ou en fonction de – vos cool-locataires.

Une commodité qui répond à de nouveaux enjeux

Ne nous voilons pas la face : dans un contexte de pression immobilière, le coliving répond aussi à un enjeu financier… Mais, tout comme la smart city, il permet aussi de remettre le citadin au centre.

D’une part, note Gui Perdrix, « il peut apporter du bien-être, en permettant de rendre non seulement le logement accessible, mais aussi des logements plus luxueux à toute une catégorie de résidents, qui seuls ne pourraient se permettre un tel niveau de services ». En effet, entre les espaces de co-working, bicyclettes en libre accès, salles de gym ou de cinéma, ou encore, comme à New York, le matelas intelligent qui vous aide à mieux dormir, les résidences de coliving rivalisent d’imagination pour attirer des résidents.

Mais au-delà de cela, elles pourraient être de véritables solutions pour les nouveaux modes de vie. Le besoin d’espace, de vert et le développement du télétravail ont incité de nombreux citadins à quitter les grandes villes soit pour des villes plus petites, soit directement pour la campagne.

Or les salariés ne peuvent pas forcément rester loin de leur bureau toute la semaine. Une solution pourrait alors être de prendre un abonnement dans un coliving et retenir une chambre de façon hebdomadaire ou mensuelle selon les besoins de chacun.

Des opérateurs de coliving cherchent d’ailleurs à étendre leur offre de coliving et de coworking sur plusieurs villes cibles. Mais insiste Gui Perdrix, pour le moment ce sont surtout des chaînes d’hôtels qui offrent ce type de services. « par exemple Citizen M propose des abonnements mensuels. Les abonnés peuvent ainsi se rendre dans n’importe quel hôtel de la chaîne. C’est possible à condition qu’un opérateur possède des biens, répartis dans de nombreuses villes. »

Revitaliser les territoires ?

Les pouvoirs publics voient d’un bon oeil l’ouverture de résidences de coliving. « C’est un élément d’attractivité du territoire. Une résidence de coliving répond aux besoins de jeunes actifs qui peinent à trouver des logements de qualité en centre-ville à des prix attractifs », explique Benoît Jobert, co-fondateur de The Babbel Community «Outre mutualiser les coûts, le partage d’espaces est aussi un élément de convivialité. Les résidents y partagent des activités et s’ouvrent également sur leur ville, en rencontrant des habitants. Car nos restaurants, espaces de coworking ou salles de sport, sont aussi accessibles aux non-résidents ». À Marseille, la deuxième résidence de The Babbel Community s’est installée dans les anciens locaux des Galeries Lafayette. L’immeuble accueille aussi des commerces en rez-de-chaussée, « La ville nous a grandement facilité les choses, notamment dans l’instruction du permis de construire. Elle voulait préserver l’activité de ce quartier ».

Si coliving et smart cities dessinent la ville de demain, ils répondent donc d’ores et déjà à des enjeux bien actuels.

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